Commune de Nieulle Sur Seudre

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Nieulle et son Histoire

NIEULLE-sur-SEUDRE est située sur une ancienne île formée de calcaire crétacé (étage turonien) et entourée jadis par les marais bordant la Seudre.

Elle devait être couverte de taillis, si l'on en croit les noms de Toucheronde et des Touches.

Au Moyen-âge, son territoire faisait partie du prieuré de Saint-Sornin.

En 1228, le seigneur de Mornac et de Matha donna aux moines de la Garde une terre salée située entre les étiers de Soloire et de Recoulenne pour y élever la seiche, que l'on mangeait et dont on tirait de l'encre. Ramnulphe du Doê donna au prieur de Saint-Gemme "la dîme de Niole" (d'où l'origine de Nieulle).

L'Histoire de Nieulle se confond avec celle de Saint-Sornin jusqu'au développement du protestantisme (qui fut étudié à Nieulle par Paul Pelet en 1892).

Au début, les hugenots de Nieulle fréquentaient le Temple de Saint-Just. La révocation de l'édit de Nantes et la peur des dragons amenèrent de nombreuses adjurations. En même temps, les missionnaires de Fénélon essayaient de gagner les nouveaux convertis par la persuasion et par des distributions de blé.

Mais beaucoup de calvinistes continuèrent à se réunir secrètement dans le marais ou essayèrent de fuir à l'étranger ; c'est pour empêcher ces évasions que le Gouvernement installa un corps de troupe à Nieulle-sur-Seudre en 1686. Un maître d'école fut chargé d'apporter en outre la bonne parole. Deux jeunes filles réfractaire furent enfermées dans des couvents : Marie Brouhard du Parc, âgée de 25 ans et Catherine Eveillard, âgée de 18 ans.

Après la mort de Louis XIV, le protestantisme se reconstitua rapidement, si bien qu'il y avait un temple à Nieulle-sur-Seudre et qu'en 1755, put se tenir un grand colloque des églises de la côte de Royan à Marennes. En 1772, le pasteur Jean Martin desservait à la fois les temples de Marennes, Souhe et Nieulle. Des colloques y furent tenus pour régler des questions d'administration intérieure.

Rattachée au consistoire de La Rochelle en l'an II, l'église réformée de Nieulle fut desservie longtemps par un pasteur de Rochefort. Le temple fut construit en 1836 par Nicolas Fort entrepreneur à La Tremblade. L'église fut rattachée au consistoire de Marennes en 1852. Il y avait à Nieulle des familles protestantistes riches et charitables : en 1851, Monsieur Garesché donna une propriété, le Jas des Grêles, dont le revenu devait être partagé entre les pauvres.

A cette époque, le pays était insalubre, l'abbé Gélézeau indique le chiffre (pour les années de 1705 à 1710) de dix huit ans comme moyenne de vie des habitants.

De nombreux actes anciens mentionnent la création de moulins de mer sur le chenal de Pélard, ainsi que d'élevages de seiches pour la chair et pour l'encre.

Petit centre maritime sur la Seudre, on y construisit aussi des bateaux et on y fabriqua des cordages. Nieulle fut longtemps le poumon économique de Saint Sornin.

Les habitants de Nieulle trouvant la tutelle de Saint-Sornin trop pesante (le 29 avril 1899, Saint-Sornin prend même le nom de Nieuille-et-Saint-Sornin), réclameront durant plusieurs décennies une autonomie qu'il n'obtiendront que le 9 avril 1902, avec la création officielle de la commune.

Depuis, les activités agricoles (élevage), ostréicoles et artisanales, sont en pleine expansion. Port Paradis, le bien nommé tant le site a de charme, est l'emblème d'une ostréiculture nieullaise en fait très dispersée.